Le massif de l’Annapurna impose de distinguer trois projets qui n’ont ni la même altitude, ni le même niveau de préparation : le trek du sanctuaire, le tour des Annapurnas et l’ascension d’un sommet. Depuis Pokhara, les sentiers permettent d’atteindre le camp de base de l’Annapurna à 4 130 m, tandis que le Thorong La, sur le tour complet, franchit 5 416 m.
Les repères utiles avant un trek dans les Annapurnas
Le massif se situe au centre du Népal, dans l’Himalaya. Il rassemble plusieurs sommets très élevés, dont l’Annapurna I, qui culmine à 8 091 mètres d’altitude. Ce sommet est le dixième plus haut de la planète. Son nom associe les termes sanskrits « anna », la nourriture, et « purna », la plénitude ou l’abondance.
- Le trek du sanctuaire mène généralement de Nayapul ou Jhinu Danda jusqu’au camp de base de l’Annapurna, à 4 130 m.
- Le tour des Annapurnas demande une expérience solide de l’itinérance et de l’altitude, avec le passage du Thorong La à 5 416 m.
- La saison la plus stable se situe habituellement d’octobre à novembre et de mars à avril, avec des nuits froides en lodge au-dessus de 3 000 m.
- Un accompagnement local est à privilégier dès que le parcours comporte plusieurs nuits au-dessus de 3 000 m ou un col enneigé.
- Le budget dépend surtout du transport international, des permis, du lodge, de l’eau traitée et du recours à un guide ou à des porteurs.
Le sanctuaire forme une vaste cuvette montagneuse fermée par des parois et des glaciers. Depuis le camp de base, le panorama rassemble notamment le Machhapuchhare, l’Annapurna Sud, le Hiunchuli, le Gangapurna et les sommets de la chaîne principale. Le décor est imposant, mais le sentier reste une randonnée en altitude, avec des escaliers de pierre, des passages humides et des journées répétées de montée.
Le trek court du sanctuaire se réalise couramment en 10 à 12 jours de marche et transferts, selon le point de départ et le temps accordé à Poon Hill. Le circuit débute souvent après une route ou un trajet en véhicule depuis Pokhara, située vers 850 m. Il s’achève fréquemment par Jhinu Danda et son accès routier, plutôt que par un retour intégral à pied vers Nayapul.
| Projet dans les Annapurnas | Altitude maximale | Durée courante | Profil requis |
|---|---|---|---|
| Balcon des Annapurnas avec Poon Hill | 3 210 m à Ghorepani | 4 à 6 jours | Marcheur régulier, sans expérience préalable de haute altitude |
| Sanctuaire et camp de base Annapurna | 4 130 m | 10 à 12 jours | Bonne endurance et capacité à marcher plusieurs jours de suite |
| Tour des Annapurnas par Thorong La | 5 416 m | 12 à 18 jours | Randonneur expérimenté, déjà habitué à l’altitude et à l’itinérance |
La différence entre ces trois formats ne se limite pas au nombre de jours. Dormir à 4 000 m modifie le repos, l’appétit et la vitesse de marche. Un itinéraire qui paraît raisonnable sur une carte devient beaucoup plus long lorsque les nuits s’enchaînent en altitude, que la neige recouvre le col ou que la piste impose un détour.

Altitude de l’Annapurna I et histoire des grandes ascensions
L’Annapurna I dépasse 8 000 mètres et appartient au groupe très réduit des sommets où l’altitude ajoute une contrainte majeure à la difficulté technique. Il ne faut pas confondre le camp de base du trek, établi à 4 130 m, avec le camp de base d’une expédition d’ascension. Les deux lieux se trouvent dans le même massif, mais ne relèvent pas du même engagement.
Le 3 juin 1950, Maurice Herzog et Louis Lachenal atteignent le sommet de l’Annapurna I lors de l’expédition française dirigée par Herzog. Cette réussite marque la première ascension confirmée d’un sommet de plus de 8 000 m. Elle reste un épisode marquant de l’histoire de l’alpinisme, notamment en raison des conditions de descente et des graves gelures subies par les deux alpinistes.
Cette histoire ne doit pas transformer l’Annapurna I en objectif de trek. Une ascension sur ce sommet exige une organisation d’expédition, des autorisations spécifiques, une équipe expérimentée, une logistique d’altitude et un encadrement adapté. Elle concerne des alpinistes ayant une maîtrise réelle de la progression sur neige, glace et terrain exposé. Le trek du sanctuaire, lui, suit des lodges et des sentiers fréquentés, sans donner accès à la voie normale d’ascension du sommet.
Les grands sommets visibles depuis les vallées entretiennent parfois cette confusion. L’Annapurna II atteint 7 937 m, le Machhapuchhare 6 993 m et le Dhaulagiri, autre grand massif voisin, 8 167 m. Le Dhaulagiri signifie souvent « montagne blanche » dans les traductions usuelles. Sa silhouette pyramidale apparaît depuis certains points hauts, notamment sur les itinéraires de Poon Hill et dans la vallée de la Kali Gandaki.
La montagne impose ici de raisonner par objectif et non par image. Regarder une paroi glaciaire depuis le sentier ne demande pas les compétences nécessaires pour y progresser. Un trekkeur qui prévoit le sanctuaire doit préparer son équipement pour la pluie, les marches d’escalier, le froid du soir et la montée progressive. Un alpiniste qui envisage une ascension doit se rapprocher d’un guide de haute montagne qualifié et d’une agence népalaise autorisée pour l’expédition.
Les conditions changent rapidement dans l’Himalaya. Le vent, les chutes de neige et l’état des ponts suspendus peuvent modifier un programme localement. Aucun article ne remplace les informations données au départ par les équipes de lodge, les autorités de conservation et le guide présent sur le terrain.
La mémoire de l’expédition de 1950 aide à comprendre la place de l’Annapurna dans l’imaginaire alpin. Elle ne fournit pas un modèle de préparation pour un voyage actuel. Les décisions d’itinéraire doivent reposer sur l’état réel du sentier, la forme du groupe et le calendrier d’acclimatation.
Trek au sanctuaire des Annapurnas jusqu’au camp de base
Le trek du sanctuaire des Annapurnas est le choix le plus cohérent pour un marcheur qui souhaite approcher la haute montagne sans franchir un col à plus de 5 000 m. La progression traverse d’abord des vallées cultivées et des villages, puis des forêts de rhododendrons, de bambous et de chênes. À partir de Bamboo et Deurali, le relief se resserre et les températures baissent nettement.
Un déroulé sur douze jours laisse le temps de monter progressivement. Depuis Pokhara, le transfert vers Nayapul précède une première étape vers Ulleri, autour de 1 495 m. Le lendemain, la montée vers Ghorepani atteint environ 2 850 m. Le détour par Poon Hill apporte un panorama large sur le Dhaulagiri et la chaîne des Annapurnas, mais il ajoute une montée matinale qui compte dans la fatigue cumulée.
Après Tadapani, le sentier descend vers Chomrong à 2 170 m, avant de remonter vers Bamboo, Deurali et le camp de base du Machhapuchhare, situé vers 3 700 m. La dernière portion conduit ensuite au camp de base Annapurna à 4 130 m. Les variantes de kilométrage sont nombreuses selon les lodges retenus, mais il faut prévoir des journées de cinq à sept heures de déplacement, pauses exclues.
Pour estimer le temps, une allure de référence raisonnable consiste à compter environ 4 km par heure sur terrain roulant, puis une heure supplémentaire par 500 à 600 m de dénivelé positif. Une étape de 12 km avec 900 m de montée demandera donc autour de six heures de marche effective, selon l’état des marches, le portage et l’altitude. La simple distance ne suffit pas dans ces vallées encaissées.
Pourquoi le retour du sanctuaire demande autant d’attention que la montée
La descente depuis le camp de base vers Bamboo, puis Jhinu Danda, sollicite fortement les genoux et les cuisses. Une étape annoncée à six heures peut devenir plus longue si le sentier est mouillé ou si les centaines de marches sont abordées trop vite. Les bâtons de randonnée sont utiles ici, surtout avec un sac de journée chargé de deux litres d’eau, d’une couche chaude et d’une protection imperméable.
Le retour par Jhinu Danda combine généralement une dernière marche et un transfert en jeep vers Pokhara. Les sources chaudes de ce secteur attirent de nombreux marcheurs, mais elles ne doivent pas conduire à retarder le départ. Il faut garder une marge pour le transport, les aléas de route et l’arrivée avant la nuit dans la ville.
Le parcours comporte des lodges et des repas disponibles chaque jour. Cela permet de limiter le poids personnel, mais ne dispense pas d’emporter un sac de couchage. Les chambres ne sont habituellement pas chauffées en altitude, et les couvertures disponibles ne suffisent pas toujours lors des nuits froides de mars, avril, octobre ou novembre.
Le sanctuaire est une randonnée d’altitude structurée autour des lodges, non une simple promenade vers un point de vue. Le départ quotidien tôt le matin maintient le groupe dans une plage d’arrivée réaliste et laisse du temps pour s’installer, traiter l’eau et récupérer avant le repas.
Tour des Annapurnas et passage du Thorong La à 5 416 mètres
Le tour des Annapurnas traverse une grande diversité de paysages, depuis les vallées basses jusqu’aux zones sèches proches du Mustang. L’itinéraire classique rejoint Jagat, Chame, Pisang, Manang, Yak Kharka et Thorong Phedi avant le col du Thorong La. Il se poursuit vers Muktinath, puis vers la Kali Gandaki selon le découpage retenu et les transports utilisés.
La progression vers Manang doit rester lente. Une étape de Chame à Upper Pisang représente environ cinq à six heures de marche, avec près de 865 m de dénivelé positif selon les tracés habituels. Le lendemain vers Ngawal peut ajouter environ 655 m de montée. Ces chiffres expliquent pourquoi l’acclimatation ne se résume pas à une nuit de repos placée au hasard dans le programme.
Manang, vers 3 520 m, offre généralement une halte utile avant la poursuite vers Yak Kharka à 4 050 m puis Thorong Phedi à 4 500 m. Le programme doit permettre de marcher lentement, de boire régulièrement et de signaler tout trouble inhabituel à l’encadrant. Les questions médicales et les traitements préventifs relèvent d’une consultation avec un médecin avant le départ, particulièrement pour toute personne sans expérience récente au-dessus de 3 000 m.
Le franchissement du Thorong La concentre l’effort. Depuis Thorong Phedi, la journée vers Muktinath comprend couramment 1 000 m de dénivelé positif et 1 750 m de descente. Elle dure souvent huit à neuf heures. Le départ se fait avant l’aube afin de limiter l’exposition au vent et de passer le col avant une dégradation habituelle des conditions au cours de la journée.
La neige au Thorong La modifie l’équipement et l’encadrement
Au printemps, la neige et les portions gelées peuvent exiger des crampons légers ou des dispositifs antidérapants adaptés. Leur utilisation ne s’improvise pas le matin du col. Le guide local décide du matériel nécessaire selon l’état du terrain, et le groupe doit savoir marcher avec des chaussures déjà rodées, une semelle adhérente et des bâtons réglés.
Ce passage s’adresse à des randonneurs expérimentés en itinérance longue et déjà confrontés à l’altitude. Il ne faut pas s’engager sur le tour complet pour « voir sur place » si le col passe. Une modification de parcours ou une journée supplémentaire peut être nécessaire selon l’état des participants et les conditions de terrain. Cette décision appartient au guide et à l’organisation locale.
Pour les ascensions de sommets de plus de 6 000 m, parfois appelés trekking peaks au Népal, les exigences changent encore. Une activité encadrée par un guide de haute montagne népalais compétent, avec matériel technique et effectif limité, devient nécessaire. Le tour des Annapurnas lui-même ne prépare pas automatiquement à ce type d’ascension.
La longue descente vers Muktinath peut donner une impression de relâchement après le col. Elle reste pourtant une partie exigeante de la journée, car la fatigue et le dénivelé négatif s’additionnent. Garder une couche chaude accessible et une lampe frontale dans le sac de journée évite de dépendre du contenu porté par les porteurs.
Budget, permis et matériel pour préparer le trek des Annapurnas
Le budget doit être séparé en postes concrets. Un séjour organisé de quatorze jours avec vols, encadrement, hébergements et pension complète était affiché à 3 099 € pour un départ du 20 septembre 2026 par un opérateur français, avec un tarif de référence à 3 299 €. Ce prix ne constitue pas le coût universel d’un trek, mais il donne un ordre de grandeur pour une formule accompagnée incluant le voyage international.
Sur ce type de séjour, les dépenses non incluses restent à prévoir. Les repas libres à Katmandou sont estimés à 8 à 10 € par repas dans les données tarifaires 2026 de l’opérateur concerné. Les douches dans les lodges peuvent coûter de 2 à 4 €, tandis que les boissons, l’eau en bouteille et les pourboires s’ajoutent au budget prévu.
Le visa népalais est une dépense distincte. Pour les ressortissants français, les montants communiqués par les autorités népalaises sont de 30 dollars pour 15 jours et 50 dollars pour 30 jours, sous réserve de vérification au moment du voyage. Le passeport doit être valide au moins six mois après la date de retour. Il faut aussi vérifier les formalités actualisées auprès de l’ambassade, du ministère français des Affaires étrangères et des autorités népalaises.
Les permis de trekking sont généralement gérés par l’agence dans une formule accompagnée. En autonomie, le statut des permis et l’obligation éventuelle de guide doivent être contrôlés avant toute réservation auprès du Nepal Tourism Board et de l’Annapurna Conservation Area Project. Les règles ont évolué ces dernières années et leur application varie selon les secteurs. Un document imprimé datant d’une saison précédente ne suffit pas pour préparer un départ en 2026.
Le sac de journée doit rester léger et complet
Avec un porteur, limitez les affaires confiées à environ 12 kg par personne lorsque l’organisation prévoit un porteur pour deux marcheurs. Le sac porté dans la journée fait idéalement 25 à 40 litres. Il doit contenir l’eau, les vêtements de protection, les encas, les papiers, une lampe frontale et les effets personnels nécessaires jusqu’au soir.
- Un sac de couchage annoncé pour un confort compris entre -5 °C et -10 °C couvre les nuits froides des lodges d’altitude selon la saison.
- Des chaussures montantes, déjà utilisées sur plusieurs sorties, tiennent mieux la cheville sur les marches humides et les chemins caillouteux.
- Une veste imperméable avec capuche, une doudoune compacte, des gants et un bonnet restent nécessaires même pendant une période sèche.
- Deux contenants totalisant 1,5 à 2 litres permettent de gérer l’eau sans multiplier les bouteilles jetables.
- Un filtre ou des pastilles de traitement sont à prévoir, car l’eau des lodges et des sources doit être traitée selon les indications du guide.
La location locale peut réduire le volume du bagage aérien. Pour deux semaines, la location d’un sac de couchage, d’une doudoune ou de crampons légers était annoncée autour de 35 € par article dans les informations pratiques fournies par certains opérateurs. Prenez la location pour un équipement volumineux utilisé ponctuellement ; achetez ou empruntez vos chaussures, car leur adaptation au pied ne se négocie pas à Katmandou.
Entre le sanctuaire et le tour complet, choisissez le premier si votre expérience porte surtout sur la randonnée de plusieurs jours en moyenne montagne. Le Thorong La demande une acclimatation plus longue, une marge de calendrier et une capacité réelle à tenir une journée de huit heures en altitude.
Quelle est l’altitude du camp de base de l’Annapurna ?
Le camp de base de l’Annapurna, souvent appelé ABC, se situe vers 4 130 mètres. Il fait partie du trek du sanctuaire des Annapurnas et ne correspond pas à une ascension de l’Annapurna I.
Combien de jours faut-il pour le trek du sanctuaire des Annapurnas ?
Comptez généralement 10 à 12 jours entre les transferts depuis Pokhara, la montée au camp de base, le retour et les variantes par Ghorepani ou Poon Hill.
Le trek des Annapurnas nécessite-t-il un guide ?
Les conditions de permis et d’encadrement doivent être vérifiées avant le départ auprès du Nepal Tourism Board et de l’Annapurna Conservation Area Project. Un guide local est fortement recommandé pour tout itinéraire avec nuits répétées au-dessus de 3 000 mètres.
Quel est le point le plus haut du tour des Annapurnas ?
Le point culminant est le Thorong La, à 5 416 mètres. Son franchissement représente une longue journée avec environ 1 000 mètres de montée et 1 750 mètres de descente jusqu’à Muktinath.