Outil · Randonnée & itinéraires
Combien de temps dure vraiment cette étape ?
Une durée de marche se calcule sur la distance et le dénivelé, jamais sur la distance seule. Réglez les deux, déclarez l’allure que vous tenez réellement, et vous obtenez une heure d’arrivée que vous pouvez opposer à votre horaire de refuge.
| Composante | Durée |
|---|---|
| 18,0 km à 4,0 km/h | 4 h 30 |
| 900 m de montée, à 600 m/h | + 1 h 30 |
| 900 m de descente douce | − 0 h 30 |
| Pénalité de charge — coefficient 1,00 | + 0 h 00 |
| 10 min de pause par heure | + 0 h 55 |
| Journée complète | 6 h 25 |
Soutenue : départ tôt exigé, peu de marge en fin de journée.
Contrôle croisé
Trois méthodes, trois résultats. C’est normal.
Une seule formule donne une fausse impression de précision. Le tableau confronte notre calcul aux deux normes que les clubs alpins utilisent pour baliser leurs sentiers. Quand les trois se tiennent dans une fourchette de trente minutes, l’estimation est solide. Quand elles s’écartent de plus d’une heure, c’est le dénivelé qui domine la journée et il faut prendre la valeur la plus haute.
| Méthode | Barème | Marche effective |
|---|---|---|
| Naismith + Langmuir notre calcul | 4,0 km/h, +1 h par 600 m de montée, correction de descente, charge | 5 h 30 |
| DIN 33466 | 300 m de montée, 500 m de descente, 4 km/h à l’heure | 7 h 03 |
| Club alpin suisse | 400 m de montée, 800 m de descente, 4 km/h à l’heure | 6 h 11 |
Les deux normes combinent temps vertical et temps horizontal en retenant le plus grand des deux plus la moitié du plus petit. Elles intègrent une marge de sécurité que la formule de Naismith n’a pas, ce qui explique qu’elles rendent souvent une durée plus longue sur les étapes très pentues.
La formule, écrite en clair
Le temps de plaine vient de la distance divisée par l’allure que vous déclarez. La montée ajoute une heure par 600 mètres de dénivelé positif, barème posé par William Naismith en 1892 et resté la référence des topos britanniques. La descente est corrigée selon Langmuir : dix minutes retirées par 300 mètres sur pente douce, dix minutes ajoutées par 300 mètres sur pente raide. La charge portée applique enfin un coefficient de 1,10 entre 5 et 12 kilos, de 1,20 au-delà.
Les pauses ne sont pas dans la marche. Elles se comptent en minutes par heure de marche effective, entre 10 et 15 minutes selon la longueur de la journée et le nombre de personnes dans le groupe. Un groupe de six s’arrête plus souvent qu’un marcheur seul, et l’écart se voit sur une journée de sept heures.
Les allures de référence, et ce qu’elles valent
| Profil | Allure de plaine | Ce que ça suppose |
|---|---|---|
| Débutant | 3,2 km/h | première saison, sac de journée |
| Moyen | 4,0 km/h | allure de référence de nos guides |
| Bon randonneur | 4,8 km/h | sorties régulières en dénivelé |
| Athlétique | 5,5 km/h | allure Naismith d’origine |
Prenez l’allure la plus basse pour votre première sortie de la saison, puis corrigez avec votre relevé réel. Si vos trois dernières sorties se sont faites à 3,5 km/h sur le plat avec un sac chargé, aucune formule ne vous fera marcher à 4,8 : le calcul ne vous connaît pas, vous si.
Les limites de l’estimation
Le calcul ignore la météo, l’état du sentier, la neige résiduelle de printemps, la chaleur, l’altitude et le sommeil de la nuit précédente. Il ignore aussi les passages où l’on progresse à la main plutôt qu’au pas, où l’allure horizontale cesse d’avoir un sens. Sur un itinéraire coté, en haute montagne ou sur un terrain glaciaire, l’estimation devient un ordre de grandeur et rien de plus : renseignez-vous auprès du gardien du refuge ou d’un accompagnateur en montagne avant de caler votre heure de départ.
Il ne remplace pas non plus la marge de sécurité. Gardez une heure devant vous sur toute étape qui se termine par une descente technique ou par un col exposé, et vérifiez l’heure du coucher du soleil à la date de votre sortie : une arrivée calculée à 19 h 30 n’a pas le même sens en juin et en octobre.
Questions fréquentes
Temps de marche : les réponses utiles.
Comment calcule-t-on le temps de marche d’une randonnée ?
On divise la distance par l’allure de plaine, puis on ajoute une heure par 600 mètres de dénivelé positif. La descente retire dix minutes par 300 mètres quand la pente est douce, et en ajoute autant quand elle est raide. Les pauses se comptent à part, entre 10 et 15 minutes par heure de marche.
Quelle vitesse de marche prendre pour une randonnée ?
Avec un sac, sur sentier, 4 km/h est l’allure de référence de nos guides. Une première saison se cale plutôt à 3,2 km/h, un randonneur régulier tient 4,8 km/h. La formule de Naismith d’origine retenait 5 km/h, ce qui est optimiste pour la plupart des marcheurs chargés.
Pourquoi le dénivelé compte-t-il autant que la distance ?
Une étape de 17 kilomètres à plat demande un peu plus de quatre heures à 4 km/h. La même distance avec 1 100 mètres de dénivelé positif approche six heures. L’écart de près de deux heures se paie en fin de journée, quand la nuit tombe sur la dernière descente.
Faut-il compter la descente comme du temps gagné ?
Seulement sur pente douce et roulante, où la correction de Langmuir retire dix minutes par 300 mètres de descente. Sur pente raide, en éboulis ou sur des marches, la descente ajoute au contraire du temps et fatigue davantage que la montée.
Pourquoi les normes DIN 33466 et CAS donnent-elles un résultat différent ?
Elles ne modélisent pas la même chose. La DIN 33466 retient 300 mètres de montée, 500 mètres de descente et 4 km/h à l’heure, et combine temps vertical et horizontal en prenant le plus grand plus la moitié du plus petit. Le Club alpin suisse retient 400 et 800 mètres. Ces deux normes intègrent une marge de sécurité que Naismith n’a pas.
Le poids du sac change-t-il la durée ?
Oui. Le calculateur applique une pénalité de 10 % entre 5 et 12 kilos, et de 20 % au-delà. Ces coefficients sont des ordres de grandeur destinés à ne pas sous-estimer une journée en autonomie, pas une mesure physiologique.