Depuis le parking de Treicol, la Pierra Menta se rejoint par une randonnée d’altitude de 9,4 km aller-retour, avec une montée jusqu’au col Bresson à 2 555 m. Le monolithe culmine à 2 714 m, mais son sommet ne se gagne pas par le sentier du lac d’Amour : la dernière partie relève de l’alpinisme et demande une maîtrise réelle de la progression sur rocher.
En bref
- La randonnée depuis Treicol mesure 9,4 km et demande environ 5 h 15 à 6 h de marche avec les pauses.
- Le col Bresson, à 2 555 m, est le point haut de l’itinéraire pédestre et offre une vue directe sur la Pierra Menta.
- Le départ est praticable surtout de juillet à octobre, après disparition des névés persistants sur les pentes hautes.
- Le sommet de la Pierra Menta, à 2 714 m, nécessite une course d’alpinisme équipée, avec rappels à la descente.
- Pour prolonger le séjour, le secteur de Presset permet de relier plusieurs lacs du Beaufortain et des refuges gardés.
Rejoindre la Pierra Menta depuis le parking de Treicol
L’accès le plus direct vers la Pierra Menta commence au parking de Treicol, parfois écrit Trécol selon les cartes locales, sur la commune de Beaufort en Savoie. Le point de départ se trouve à 1 711 m d’altitude, au-dessus du barrage de Roselend. Les coordonnées couramment utilisées sont 45.65956, 6.63569, mais une carte IGN ou une application hors ligne reste préférable : le réseau mobile devient inégal dès que la piste d’alpage prend de l’altitude.
Depuis Beaufort, la route monte en direction du lac de Roselend puis des alpages de Treicol. Cette approche automobile est pratique pour une sortie à la journée, mais impose de revenir au même stationnement. Pour un séjour itinérant, la gare ferroviaire la plus utile reste Albertville, suivie d’une correspondance routière vers Beaufort selon les horaires saisonniers. Le service de cars varie entre la période scolaire et l’été, ce qui oblige à vérifier le retour avant de réserver une nuitée.
La marche commence sur une piste d’alpage large, utilisée par les exploitants agricoles et les véhicules autorisés. Elle rejoint rapidement le balisage du GR5 et du GRP Tour du Beaufortain. Les chalets de Presset sont atteints vers le kilomètre 2, après une montée déjà régulière. L’orientation est simple par bonne visibilité, mais le brouillard peut effacer les repères de relief et rendre les bifurcations moins évidentes.
Le sentier principal remonte ensuite vers les hauts pâturages. À un replat, le GR5 poursuit vers le col du Grand Fond tandis que le chemin de la randonnée vers la Pierra Menta bifurque sur le GRP du Tour du Beaufortain, avant de s’en écarter à nouveau pour gagner le lac d’Amour. Les panneaux ne remplacent pas la lecture de l’itinéraire : prenez le temps de vérifier votre direction à chaque séparation, surtout au retour lorsque les jambes sont moins disponibles.
Le parcours s’adresse à un randonneur occasionnel entraîné à marcher plusieurs heures en montée, ou à un marcheur confirmé cherchant une sortie courte mais soutenue. La difficulté ne vient pas de passages équipés ni d’escalade sur le sentier, mais de l’altitude, du dénivelé et des conditions changeantes de la haute montagne. Une personne habituée aux chemins forestiers peu pentus trouvera la pente plus exigeante entre Presset et le lac.
Le stationnement est situé en zone d’alpage. Respectez les clôtures, refermez les passages prévus pour le bétail et gardez vos distances avec les troupeaux. Les chiens peuvent compliquer la cohabitation avec les animaux de protection ; sur cette randonnée, partir sans chien reste le choix le plus simple si vous ne connaissez pas les réactions à adopter face à un patou.
Le lac de Roselend, les sentiers voisins et les reliefs de Presset permettent d’envisager plusieurs journées dans le secteur. Une sélection de randonnées autour des lacs du Beaufortain aide à distinguer les sorties familiales des itinéraires d’altitude qui demandent davantage d’autonomie.

Préparer la randonnée du lac d’Amour et du col Bresson
Le tracé Treicol, Presset, lac d’Amour et col Bresson totalise 9,4 km pour environ 845 m de dénivelé positif. Ces chiffres paraissent modestes face aux grandes traversées alpines, mais ils ne décrivent pas une promenade de vallée. Le départ est déjà haut, les pentes se redressent progressivement et la dernière partie approche 2 500 m, où l’effort se ressent davantage.
Pour calculer une durée réaliste, une allure de référence combine la distance et le dénivelé. Sur ce terrain, comptez environ 4 km par heure sur les portions roulantes et 300 m de montée par heure dans une pente régulière. Les 9,4 km représentent autour de 2 h 20 de déplacement horizontal, tandis que les 845 m positifs ajoutent environ 2 h 50. La base théorique atteint donc 5 h 10 de marche effective, sans compter les pauses, les photos, le pique-nique ni les hésitations aux croisements.
| Repère du parcours | Distance cumulée | Altitude approximative | Temps depuis Treicol |
|---|---|---|---|
| Parking de Treicol | 0 km | 1 711 m | Départ |
| Chalets et alpages de Presset | 2 km | Environ 2 000 m | 1 h à 1 h 20 |
| Lac d’Amour ou lac Saint-Amour | 3,5 km | Environ 2 250 m | 2 h 15 à 2 h 45 |
| Col Bresson | 4,7 km | 2 555 m | 2 h 45 à 3 h 20 |
| Retour au parking | 9,4 km | 1 711 m | 5 h 15 à 6 h |
Le lac est parfois désigné sous le nom de lac Saint-Amour et souvent sous celui de lac d’Amour sur les topos. Il se situe au pied des faces rocheuses et constitue un bon point de pause, à condition de ne pas prolonger l’arrêt si la journée avance. Une arrivée au parking avant 9 h permet de viser le col avant midi, ce qui laisse une marge convenable pour la descente et les changements de temps de l’après-midi.
Le sac doit rester raisonnable, mais il ne doit pas être allégé au point de supprimer ce qui sert réellement. Prenez une veste imperméable, une couche chaude, une réserve d’eau adaptée à la chaleur, de la nourriture, une carte, un téléphone chargé et une lampe frontale. En début de saison, ajoutez des bâtons et renseignez-vous sur la présence de névés ; un champ de neige durci au matin peut barrer un chemin pourtant banal en plein été.
- Des chaussures à semelle crantée sont adaptées aux pentes herbeuses humides et aux pierres instables rencontrées au-dessus de Presset.
- Deux litres d’eau par adulte constituent un point de départ par temps chaud, car l’eau des lacs et des torrents ne doit pas être considérée comme potable sans traitement.
- Une couche isolante sèche doit rester au fond du sac, même lorsque la température est douce au parking de Treicol.
- Une trace téléchargée hors ligne complète le balisage, sans remplacer la carte et la capacité à faire demi-tour.
Les bâtons sont utiles à la montée comme à la descente. Ils soulagent les cuisses dans les longues pentes et limitent les glissades lorsque le sol est gras après une averse. Prenez-les réglables et rangez-les si vous devez utiliser les mains sur un passage étroit ; des bâtons qui dépassent derrière le sac gênent les autres marcheurs et accrochent les clôtures.
La Pierra Menta donne son nom à une course réputée de ski de randonnée organisée chaque hiver dans le Beaufortain. Cette notoriété ne doit pas faire oublier la différence de saison : l’itinéraire estival décrit ici ne se transpose pas automatiquement sur neige. En hiver ou au printemps, les pentes, les accès routiers et les risques liés au manteau neigeux imposent une préparation distincte et des compétences spécifiques.
Comprendre la Pierra Menta et la limite entre randonnée et sommet
La Pierra Menta est un sommet du massif du Beaufortain culminant à 2 714 m. Sa silhouette ne doit pas sa réputation à son altitude seule, mais à son imposant éperon rocheux, bien détaché des alpages et visible de nombreux itinéraires du secteur. Depuis le lac d’Amour et le col Bresson, le regard porte sur cette architecture minérale sans que le randonneur ait besoin de s’engager sur l’arête.
Le col Bresson atteint 2 555 m et constitue le point culminant de la randonnée pédestre présentée ici. La différence d’altitude avec le sommet paraît faible sur une carte, autour de 160 m, mais elle recouvre une réalité technique très différente. Entre un sentier de montagne et une arête rocheuse équipée, le matériel, l’expérience et les conséquences d’une erreur ne sont plus les mêmes.
Un autre accès utilisé pour l’alpinisme gagne le Passeur de la Mintaz, ou col nord de la Pierra Menta, à environ 2 575 m. Il s’atteint depuis le lac en suivant un bon chemin vers l’est. À partir de là, la progression vers le sommet ne relève plus de la randonnée : il faut contourner une tour du versant ouest, repérer la brèche de départ et évoluer sur un terrain où l’encordement est nécessaire.
L’arête nord compte sept longueurs. Les cotations annoncées vont de 3a à 6b avec une possibilité d’aide artificielle A0 dans les passages les plus difficiles. Une cotation 4b ou 5a désigne une difficulté d’escalade sur rocher ; elle ne dit pas tout sur l’exposition, l’espacement des protections, l’état du rocher ou les conditions du jour. L’arête comporte aussi des portions aériennes où les points sont plus espacés, ce qui demande une capacité d’assurage bien installée.
La descente mérite autant d’attention que la montée. Depuis le sommet, l’itinéraire suit le fil vers le sud sur une cinquantaine de mètres pour atteindre la ligne de rappels dans la face est. Deux rappels sur chaîne, d’environ 25 m puis 50 m, ramènent au pied de la paroi, avant une traversée exposée et un retour par le pierrier vers le lac d’Amour.
Cette course ne se prépare pas avec une simple paire de chaussures de randonnée. Elle demande casque, baudrier, corde adaptée, matériel d’assurage, sangles, système de rappel, chaussures compatibles avec le terrain et connaissance des manœuvres. Un équipement acheté ne remplace pas les gestes maîtrisés : savoir installer un relais, évaluer une corde endommagée ou récupérer un rappel sous tension fait partie de la pratique.
Pour un premier projet sur la Pierra Menta, prenez un guide de haute montagne ou un professionnel qualifié. Le niveau requis inclut une expérience préalable d’escalade en extérieur et une pratique de l’encordement sur arête. Le guide apprécie les conditions du rocher, choisit la stratégie de progression et adapte ou annule l’objectif si le terrain ne correspond pas au niveau du groupe.
Les secours engagés lors d’une sortie hors cadre couvert peuvent rester à la charge du pratiquant selon les circonstances et les garanties souscrites. Vérifiez l’assurance montagne, les exclusions liées à l’alpinisme et les plafonds de recherche avant le départ. Le lac et le col suffisent largement à une journée de randonnée ; le sommet doit rester un objectif séparé, préparé comme une course d’alpinisme complète.
Choisir la bonne période pour marcher dans le Beaufortain
La période la plus régulière pour la randonnée vers le col Bresson va généralement de juillet à début octobre. Elle dépend toutefois de l’enneigement du printemps, de la chaleur estivale et des premières chutes de neige automnales. Une date sur le calendrier ne garantit pas l’absence de névés : au-dessus de 2 300 m, certaines accumulations persistent dans les combes après un hiver généreux.
En juin, l’herbe des alpages reverdit et les torrents sont puissants, mais les passages hauts peuvent conserver une neige dure le matin. Les pentes qui mènent au lac d’Amour ne sont pas équipées pour franchir un névé glissant sans technique. Si une traversée enneigée demeure sur votre itinéraire, ne décidez pas de la franchir par habitude ou par pression d’horaire ; faites demi-tour si votre équipement et votre expérience ne correspondent pas à la situation.
Juillet et août offrent souvent la meilleure fenêtre pour un randonneur occasionnel préparé. Les journées sont longues, les sentiers sont fréquentés et les refuges du secteur fonctionnent habituellement à plein régime. Cette affluence demande une autre organisation : partez tôt, garez-vous sans gêner les activités pastorales et prévoyez une solution de couchage réservée si vous transformez la sortie en séjour de deux jours.
Les tarifs de refuge changent selon les gardiens et les saisons. Pour l’été 2026, une nuit en dortoir dans un refuge gardé du Beaufortain se situe couramment autour de 25 à 32 euros, tandis qu’une demi-pension atteint souvent 55 à 70 euros, sur la base des grilles estivales communiquées par les refuges du massif. Ces montants servent à établir un budget, mais la réservation doit se faire auprès du refuge choisi, car les ouvertures et les prestations varient.
Un week-end simple depuis Treicol peut donc être chiffré sans l’habiller de promesses. Comptez une randonnée à la journée avec votre propre pique-nique si vous dormez en vallée, ou une nuit en refuge avec demi-pension si vous voulez marcher plus lentement et profiter des cimes au coucher du soleil. Ajoutez le transport séparément, car le coût diffère fortement entre voiture partagée, car local et trajet ferroviaire jusqu’à Albertville.
Septembre apporte souvent une lumière plus nette et une fréquentation moins dense. Les journées raccourcissent vite, ce qui impose de resserrer les horaires : un départ à 10 h qui reste acceptable au cœur de l’été peut devenir trop tardif lorsque le retour se fait après 18 h. La première gelée transforme aussi les dalles humides, les racines et les pierres polies en surfaces plus glissantes.
Le camping et le bivouac ne doivent pas être confondus. Le secteur de Treicol et de Presset comprend des alpages exploités, des terrains communaux et des propriétés privées ; il ne relève pas d’une règle unique comparable à celle d’un parc national. Avant d’installer une tente, demandez l’accord du propriétaire ou de l’exploitant, puis vérifiez les arrêtés communaux et préfectoraux applicables à la date de votre passage.
Le Code de l’urbanisme encadre le camping isolé, mais des restrictions locales peuvent s’y ajouter, notamment autour des routes, des captages, des plans d’eau et des zones pastorales. Le bord du lac d’Amour n’est pas un terrain de camping à considérer comme acquis. Pour dormir dehors, choisissez un hébergement déclaré ou un refuge ; cette décision évite de gêner le bétail et de chercher un emplacement à la tombée du jour.
La saison change le caractère de cette montagne plus vite que la distance affichée sur un panneau. Une randonnée d’été bien préparée peut devenir une sortie d’alpinisme sur neige dès que les névés persistent ou que le gel s’installe.
Organiser un séjour autour de Presset et des lacs du Beaufortain
La randonnée de la Pierra Menta se prête à une journée, mais elle peut aussi s’intégrer dans un séjour de deux ou trois nuits autour du lac de Roselend, de Presset et des itinéraires du Tour du Beaufortain. Le choix dépend surtout de votre façon de marcher. Pour voir le lac d’Amour et le col Bresson sans presser l’horaire, une nuit dans le secteur permet de partir léger et d’éviter un long trajet routier au retour.
Le refuge de Presset est une option logique lorsqu’il est ouvert, sous réserve de disponibilité. Il se situe dans un environnement de haute montagne, ce qui implique de réserver tôt pour les week-ends de juillet et d’août. Une réservation de refuge se fait avant le billet de train ou la constitution du covoiturage : une place de transport se modifie plus facilement qu’une nuitée complète dans un dortoir de montagne.
La demi-pension reste le choix le plus adapté à un marcheur qui ne veut pas porter réchaud, gaz, nourriture du soir et petit-déjeuner. Elle coûte davantage qu’un repas préparé soi-même, mais réduit nettement le poids du sac et simplifie la fin de journée. Pour un itinérant déjà habitué à cuisiner dehors et portant son matériel, l’autonomie peut être pertinente, à condition de respecter les règles du lieu de couchage retenu.
Le lac d’Amour peut être associé à d’autres points de vue sans faire du programme une course. Le chalet de la Petite Berge offre une variante pour prolonger l’observation des alpages. Le col du Grand Fond constitue une autre extension possible, mais il augmente la distance, le dénivelé et l’exposition aux conditions d’altitude ; choisissez-le uniquement si l’horaire, la météo observée et l’état du groupe le permettent.
Le Beaufortain est aussi un territoire pastoral actif. Les sentiers traversent des pâturages qui produisent le lait destiné au Beaufort durant la belle saison. Cette présence explique les clôtures, les troupeaux et les chiens de protection. Restez sur la trace, marchez calmement, contournez largement les animaux et ne vous placez pas entre les chiens et le troupeau.
Le ravitaillement se prépare avant la montée. Beaufort offre les commerces les plus pratiques pour compléter un pique-nique, acheter de l’eau et anticiper le repas de route. Au parking, il ne faut pas compter sur une épicerie, une fontaine contrôlée ou un service permanent. Une erreur fréquente consiste à emporter peu d’eau parce que le paysage paraît humide ; les torrents ne constituent pas une réserve immédiatement consommable.
Pour des idées de parcours complémentaires, la page consacrée aux lacs à parcourir dans le Beaufortain permet de comparer les distances et de bâtir un séjour cohérent autour de Roselend. Alternez une journée soutenue, comme le col Bresson, avec une marche plus courte le lendemain. Cette répartition laisse du temps pour l’accès routier, les imprévus et les retours de fatigue.
Les cartes, horaires de refuge et règles locales doivent être vérifiés peu avant le départ. Un itinéraire vu en photo ne renseigne ni sur un sentier coupé par un éboulement, ni sur une fermeture de piste, ni sur une réservation complète. Dans ce massif, préparer le lendemain la veille au soir reste plus utile que multiplier les objectifs sur une seule journée.
Peut-on atteindre le sommet de la Pierra Menta en randonnée ?
Non. Le sentier permet de rejoindre le lac d’Amour, le col Bresson ou le Passeur de la Mintaz selon l’itinéraire choisi, mais le sommet à 2 714 m demande une course d’alpinisme sur arête, avec escalade, encordement et rappels.
Combien de temps faut-il pour la randonnée depuis Treicol ?
Comptez entre 5 h 15 et 6 h pour les 9,4 km aller-retour et environ 845 m de dénivelé positif, à une allure de référence de 4 km par heure sur le plat et 300 m de montée par heure.
Quelle est la meilleure période pour le lac d’Amour et le col Bresson ?
La fenêtre la plus régulière se situe de juillet à début octobre. En juin et après les premières neiges d’automne, des névés ou du terrain gelé peuvent modifier fortement la difficulté.
Le bivouac est-il autorisé près du lac d’Amour ?
Le secteur n’est pas soumis à une règle générale de parc national. Les terrains sont notamment pastoraux, communaux ou privés, et les arrêtés locaux peuvent s’appliquer. Demandez l’accord du propriétaire ou de l’exploitant et vérifiez les règles locales avant toute installation.