Tous Randonnée & itinéraires Camping & bivouac Sports outdoor Matériel & équipement Actualités

Troupeau en alpage : comportement, patous et bonne conduite

31 août 2026 24 min de lecture Mis a jour 31 août 2026
Cet article a été généré par intelligence artificielle et publié sans révision humaine approfondie.

Traverser un alpage demande de changer de regard. Le sentier reste ouvert au passage lorsqu’il est balisé ou autorisé, mais il traverse souvent un espace d’élevage actif où un troupeau, des chiens de protection et des clôtures organisent le travail quotidien.

En bref

  • Un alpage est un lieu de pâturage et de surveillance, pas un parc animalier où l’on s’approche librement des bêtes.
  • Face aux patous, arrêtez-vous, parlez calmement, gardez les bâtons bas et éloignez-vous sans courir.
  • Une vache avec son veau impose un détour large de 20 à 30 mètres, surtout si vous marchez avec un chien.
  • Refermez chaque clôture derrière vous et ne lavez ni mains ni matériel dans un abreuvoir ou une source captée.
  • Entre mi-septembre et mi-octobre, de nombreux troupeaux redescendent des alpages alpins, selon la météo et la pousse de l’herbe.

Comprendre le comportement d’un troupeau en alpage avant de le traverser

En montagne, le pâturage d’altitude fait partie du paysage autant que les sentiers, les refuges ou les cabanes. Les brebis, les bovins et les chèvres utilisent l’herbe disponible pendant la belle saison, généralement de juin à septembre ou octobre selon l’altitude. Cette présence entretient des milieux ouverts qui seraient autrement gagnés par les broussailles et les jeunes arbres.

Le troupeau ne se répartit pas au hasard. Il peut être regroupé près d’un point d’eau, d’une zone d’ombre, d’un parc de nuit ou d’une cabane de berger. Lorsque le sentier traverse cette zone, le randonneur doit d’abord regarder la disposition des animaux avant de continuer, car passer au milieu d’un groupe compact augmente le stress et peut séparer une mère de son petit.

Les bovins adultes sont lourds et réagissent d’abord par déplacement. Une vache de race montagnarde peut peser entre 500 et 700 kilogrammes. Même sans intention agressive, un mouvement de groupe, un demi-tour brusque ou une bousculade suffit à créer une situation difficile sur un sentier étroit, dans une pente ou près d’une falaise.

Différencier les vaches suitées des génisses

Une vache accompagnée d’un veau demande une distance nettement plus grande qu’un groupe de génisses. Le veau peut être couché dans l’herbe, légèrement à l’écart de sa mère, et le randonneur ne le voit pas toujours avant d’être déjà proche. Il ne faut jamais se placer entre une mère et son jeune, même si le balisage passe dans cet axe.

Une posture défensive est reconnaissable. La bête se fige, fixe le passage, abaisse la tête, avance lentement ou gratte le sol. Dans ce cas, changez d’itinéraire à l’échelle de la parcelle, reculez si nécessaire et gardez une marge de 20 à 30 mètres quand le terrain le permet.

Configuration rencontrée Distance à garder Comportement attendu Décision à prendre
Vaches avec veaux 20 à 30 mètres Protection maternelle, vigilance accrue Contourner largement et ne jamais couper le groupe
Génisses 10 à 15 mètres Curiosité, approche collective possible Marcher calmement, faire un détour si elles barrent le passage
Brebis regroupées Distance variable selon le terrain Déplacement rapide et serré Attendre ou contourner l’extérieur du lot
Troupeau près d’un abreuvoir Au moins 20 mètres Besoin d’eau, circulation des bêtes Ne pas stationner et choisir un autre lieu de pause

Les génisses sont de jeunes femelles qui n’ont pas encore vêlé. Elles peuvent s’approcher en nombre par curiosité, surtout lorsqu’elles ont peu vu de promeneurs dans la journée. Leur comportement n’est pas celui d’une vache protégeant un veau, mais leur masse et leur effet de groupe imposent de ne pas les repousser avec les bras, les bâtons ou des cris.

La bonne conduite consiste à ralentir, à conserver une trajectoire lisible et à quitter le secteur par le côté le plus large. Un passage de 17 kilomètres avec 900 mètres de dénivelé positif ne se prépare pas seulement avec une estimation de marche. Il faut aussi prévoir quelques minutes pour un détour de pâturage, une barrière à refermer ou l’attente d’un déplacement du troupeau.

Pour une randonnée de cette longueur, une allure de référence de 4 kilomètres par heure sur terrain roulant, à laquelle s’ajoute environ une heure pour 600 mètres de montée, donne une base de 5 h 45 à 6 h 15 de marche effective. Les pauses, les rencontres animales et les erreurs d’orientation viennent ensuite s’ajouter à cette durée.

Les itinéraires du Beaufortain comportent de nombreux secteurs pâturés en été, notamment autour des cols, des chalets d’alpage et des lacs. Avant de partir sur plusieurs journées, consultez les parcours et les accès proposés dans ce guide des lacs et randonnées du Beaufortain, puis adaptez votre horaire au passage des troupeaux.

La règle reste simple sur le terrain. Le sentier indique où passer, mais il ne donne pas le droit de forcer le passage si les animaux occupent l’espace. L’alpage fonctionne avec ses propres horaires, ses déplacements et ses contraintes d’élevage.

Randonneur vu de dos longeant un sentier d'alpage où paît un troupeau gardé
Illustration générée par intelligence artificielle.

Réagir face aux patous et aux chiens de protection du troupeau

Les patous impressionnent parce qu’ils sont grands, blancs, visibles de loin et souvent sonores. Le terme désigne couramment le montagne des Pyrénées, mais plusieurs races peuvent assurer la protection des troupeaux en alpage. Leur fonction n’est pas d’accompagner les randonneurs ni de recevoir des caresses, mais de détecter une présence inhabituelle près des bêtes.

Le chien de protection vit souvent au contact du troupeau jour et nuit. Il analyse les mouvements, les sons et les odeurs dans son périmètre de surveillance. Un coureur qui arrive vite, un VTT qui déboule en descente, un chien domestique en liberté ou des bâtons brandis modifient immédiatement sa lecture de la situation.

Un aboiement n’est pas un ordre de passage ni la preuve qu’une attaque va se produire. C’est d’abord un signal de distance. Le chien vous a repéré et cherche à vous faire comprendre que vous approchez d’une zone de protection.

Les gestes qui apaisent une rencontre avec un patou

Dès les premiers aboiements, arrêtez votre progression. Gardez le visage tourné vers le chien, sans soutenir un regard fixe, et parlez d’une voix basse. Il faut lui laisser le temps de vous identifier comme une présence humaine qui ne cherche ni le troupeau ni l’affrontement.

Les bâtons doivent rester bas, parallèles au corps ou rangés contre le sac. Lever un bâton au-dessus de l’épaule peut être interprété comme une menace. Courir est également une mauvaise réponse, car ce mouvement brusque peut déclencher une poursuite et vous faire perdre l’équilibre sur un terrain irrégulier.

  • Arrêtez-vous à l’entrée de la zone gardée et évaluez où se trouve le troupeau.
  • Parlez calmement sans crier, afin que le chien identifie une présence humaine stable.
  • Gardez vos mains visibles et les bâtons en position basse, sans geste de défense spectaculaire.
  • Reculez lentement si le chien reste insistant, sans lui tourner le dos.
  • Contournez le secteur en gardant une distance suffisante avec les bêtes et avec le chien.

Un sac à dos peut servir de barrière passive s’il faut conserver une séparation entre vous et le chien. Il se porte devant soi, sans mouvement de frappe. Cette position donne du volume à votre silhouette tout en évitant la confrontation directe.

Les enfants doivent rester près d’un adulte et ne pas courir devant le groupe. Leur taille, leurs cris et leurs changements rapides de direction rendent leur comportement difficile à interpréter pour un chien de protection. Sur un itinéraire familial, prévoyez un temps de marche plus long que la durée affichée sur une application, particulièrement entre juillet et début septembre dans les secteurs pastoraux.

Les cyclistes doivent descendre du vélo avant d’arriver au contact du troupeau. Le cadre, les roues et la vitesse créent une silhouette inhabituelle. Tenir le vélo entre soi et l’animal peut aider à maintenir de l’espace, mais il ne faut pas faire tourner les roues ni agiter le guidon.

La présence d’un chien domestique complique fortement la situation. Même obéissant, il peut être perçu comme un prédateur potentiel par les chiens de protection et par les vaches avec veaux. Gardez-le en laisse courte avant même d’entrer dans le pâturage, sans attendre que le patou commence à aboyer.

Dans les bois et forêts, l’arrêté ministériel du 16 mars 1955 interdit de laisser divaguer les chiens du 15 avril au 30 juin, période de reproduction de la faune sauvage. Cette règle ne remplace pas les arrêtés locaux, les règles des parcs nationaux ou les interdictions propres à certains alpages. Vérifiez toujours le statut du terrain avant le départ.

Le chien de protection ne se gère pas à distance depuis une carte. Si le passage paraît bloqué, si plusieurs chiens encerclent le groupe ou si vous ne pouvez pas contourner sans vous exposer à une pente, faites demi-tour. Un accompagnateur en montagne connaît les usages pastoraux locaux et peut encadrer une sortie collective sur un secteur sensible.

La meilleure réaction face aux patous tient dans la lenteur. Le chien doit constater que votre groupe s’éloigne du troupeau, et non qu’il doit vous chasser d’un espace que vous cherchez à conserver.

Traverser un alpage avec une bonne conduite autour des clôtures et de l’eau

Les clôtures, les parcs mobiles, les abreuvoirs et les cabanes ne sont pas des éléments décoratifs. Ils servent à conduire les animaux vers une ressource en herbe, à organiser la traite, à isoler une zone fragile ou à faciliter une intervention du berger. Les dégrader ou les déplacer a des conséquences directes sur une journée de travail.

Une clôture électrique ne doit être franchie que par la poignée isolante prévue à cet effet. Elle est généralement en plastique ou en matériau composite, avec un crochet placé à son extrémité. Ne touchez pas le fil, le ressort métallique ni les piquets, même si le courant semble coupé.

Refermer une clôture électrique sans gêner l’élevage

Approchez-vous sans vous appuyer sur le fil. Prenez la poignée par sa partie isolante, décrochez-la du support, ouvrez juste assez pour faire passer votre corps puis votre sac, et refermez immédiatement. Le crochet doit reprendre sa place dans la boucle ou sur son isolateur avant que le groupe suivant ne passe.

Un passage mal refermé peut laisser sortir plusieurs dizaines de bêtes. Le berger doit alors interrompre sa surveillance, rassembler les animaux, vérifier les routes proches et remettre le parc en état. Sur une grande estive, ce contretemps peut prendre plusieurs heures, surtout lorsque le troupeau se disperse dans un versant boisé ou près d’une limite de propriété.

Attendez que tous les membres de votre groupe soient passés avant de raccrocher la poignée. Les enfants doivent être accompagnés dans ce geste et les chiens ne doivent pas se faufiler sous les fils. Une clôture basse peut paraître franchissable, mais elle est souvent utilisée pour contenir des agneaux ou délimiter une zone de repos.

L’eau appelle la même attention. Un bac, une fontaine pastorale, une auge ou une source canalisée répondent d’abord aux besoins du troupeau. Une vache peut boire plusieurs dizaines de litres dans une journée chaude, et la disponibilité de l’eau conditionne le déplacement des animaux comme leur état général.

Ne lavez pas vos mains, votre visage, votre vaisselle ou votre gourde dans un abreuvoir. Les résidus de savon, de crème solaire, de gel hydroalcoolique ou de répulsif modifient la qualité de l’eau. Même un produit vendu comme biodégradable n’a pas sa place dans une source, un ruisseau ou un bac utilisé par les animaux.

En alpage, un point d’eau destiné aux bêtes reste un outil d’élevage. Prenez l’eau nécessaire en amont si son usage est autorisé, puis éloignez-vous pour toute toilette ou vaisselle.

Si vous devez vous laver les mains, utilisez une petite quantité d’eau prélevée dans votre gourde à plus de 20 mètres de la source, de l’abreuvoir et du ruisseau. Les eaux sales doivent être dispersées sur le sol, loin des écoulements. Cette méthode évite de concentrer les produits et limite les traces visibles autour du point d’eau.

La question du bivouac se pose souvent à proximité d’une cabane ou d’un replat herbeux. Un alpage n’est pas automatiquement un lieu où planter sa tente. La règle dépend de la propriété, d’un arrêté municipal ou préfectoral, d’un parc national, d’une réserve naturelle ou d’une zone protégée.

Dans le cœur de certains parcs nationaux, le bivouac est encadré par des horaires et des emplacements définis. Ailleurs, une propriété privée impose l’accord du propriétaire ou de l’exploitant. Consultez les règles locales avant le départ avec ce guide sur le bivouac en montagne et les statuts de terrain, car aucune formule générale ne remplace une réglementation locale.

Le feu reste à exclure des pâturages, même lorsque la tente est autorisée. Il peut endommager l’herbe, laisser des déchets, effrayer les animaux et provoquer un départ de feu. Un réchaud stable, utilisé loin du foin sec et rangé une fois refroidi, répond mieux aux besoins d’un repas d’itinérance.

La courtoisie pastorale se mesure souvent à des gestes très simples. Une barrière remise en place et un abreuvoir laissé propre pèsent davantage qu’un long discours sur le respect de la montagne.

Préparer sa randonnée en montagne pendant la période de surveillance pastorale

La période d’estive varie selon les massifs, l’altitude, l’enneigement du printemps et la ressource en herbe. Dans les Alpes françaises, la montée en alpage intervient fréquemment entre fin mai et début juillet. La descente s’étale souvent de la mi-septembre à la mi-octobre, mais une sécheresse estivale ou une neige précoce peuvent modifier ce calendrier.

Les grands itinéraires traversent régulièrement des zones où la surveillance pastorale est renforcée. Dans les Hautes-Alpes, le Queyras, le Beaufortain ou les vallées de Savoie, il faut intégrer cette donnée dès la préparation. Chercher un refuge, un point d’eau et une variante de sentier fait partie du même travail que vérifier la météo ou charger sa trace hors ligne.

Calculer une durée de marche qui tient compte des alpages

Une estimation réaliste commence par la distance et le dénivelé positif. Une base utile consiste à compter environ 4 kilomètres par heure sur sentier régulier, puis à ajouter une heure pour 600 mètres de montée. Cette règle doit être ajustée à votre niveau, au poids du sac, à l’état du terrain et à la présence d’enfants.

Une étape de 14 kilomètres avec 800 mètres de dénivelé positif représente environ 3 h 30 pour la distance, auxquelles s’ajoutent 1 h 20 de montée. Comptez donc 4 h 50 de marche effective, puis ajoutez les pauses, les photos, les franchissements de clôtures et les détours imposés par les animaux.

Pour une famille ou un groupe peu habitué au terrain montagnard, partir avant 8 h 30 permet de franchir les pâturages avant la chaleur et de garder une marge en cas de changement de parcours. Une étape prévue à 5 heures de marche ne doit pas devenir une arrivée à 19 heures parce qu’un troupeau occupe un passage étroit ou qu’un enfant fatigue dans la dernière montée.

Le sac doit rester compact lorsque vous approchez des bêtes. Les aliments ouverts, les emballages odorants et les vêtements flottants attirent l’attention ou compliquent les mouvements. Attachez les bâtons, fermez la housse de pluie et gardez les objets métalliques qui pendent sous contrôle.

  • Une carte papier et une trace téléchargée permettent de repérer une variante avant d’arriver au milieu du pâturage.
  • Une gourde de capacité adaptée évite de dépendre d’un abreuvoir destiné au bétail.
  • Une couche chaude et une veste imperméable restent nécessaires en altitude, même pendant une journée estivale.
  • Une lampe frontale chargée sert en cas de retard, sans devenir une justification pour partir trop tard.
  • Une laisse courte doit être prévue pour tout chien autorisé sur l’itinéraire choisi.

Les randonneurs qui débutent ont intérêt à choisir un parcours avec plusieurs échappatoires et un dénivelé modéré. Une boucle de 8 kilomètres avec 350 mètres de montée, réalisable en environ 2 h 40 de marche effective avec la méthode de calcul indiquée, donne le temps d’observer les comportements du troupeau sans pression d’horaire.

Pour progresser sans transformer la sortie en épreuve, consultez ces repères pour débuter la randonnée sans se blesser. Une préparation graduelle aide à marcher plus lentement, à mieux regarder le terrain et à prendre la décision de contourner quand le passage ne paraît pas adapté.

Les sentiers très fréquentés ne dispensent pas des règles de bonne conduite. Un groupe de vingt personnes, plusieurs poussettes tout-terrain, des chiens détachés et des vélos rapides peuvent perturber un lot de brebis bien davantage qu’un marcheur seul. Échelonnez le passage si vous êtes nombreux et laissez les animaux reprendre leur activité avant de poursuivre.

Les ressources d’Éduc’Alpes, les panneaux pastoraux locaux et les documents distribués par certains parcs naturels présentent des consignes adaptées aux marcheurs, aux traileurs et aux cyclistes. Ils apportent des repères utiles, mais l’observation du terrain reste déterminante. Un panneau lu au départ ne remplace pas une décision calme devant un chien de protection ou une vache suitée.

Le bon itinéraire n’est pas celui qui promet le passage le plus direct. C’est celui qui laisse assez de temps, assez d’eau et assez de marge pour respecter le travail qui se déroule sur l’alpage.

Respecter la faune sauvage et les propriétés traversées en zone pastorale

Un alpage réunit des animaux domestiques, des oiseaux, des insectes, des marmottes, des chamois et parfois des bouquetins. Les espaces ouverts par le pâturage peuvent accueillir une flore particulière, mais ils restent fragiles. La présence humaine modifie vite les comportements lorsque les promeneurs s’écartent des sentiers, poursuivent un animal ou laissent un chien courir librement.

Observer un chamois ou un bouquetin ne demande pas de se rapprocher. Une distance de 100 mètres constitue un repère prudent pour les ongulés sauvages, et cette marge doit encore augmenter au printemps, pendant les périodes de reproduction, ou lorsqu’un animal est déjà en alerte. Des jumelles de grossissement 8x ou 10x permettent d’observer sans imposer une fuite.

Garder sa place dans un espace de travail et de vie

Un animal sauvage qui relève la tête, oriente ses oreilles vers vous, cesse de brouter ou commence à s’éloigner indique qu’il a détecté votre présence. Arrêtez-vous, baissez le volume de la conversation et laissez-lui une issue. Le suivre pour obtenir une photographie plus proche augmente sa dépense d’énergie, particulièrement problématique avant l’hiver ou pendant l’élevage des jeunes.

Le vent compte aussi. En vous plaçant face au vent, votre odeur porte moins loin vers l’animal, mais cela ne donne pas le droit de réduire les distances. La discrétion doit servir à observer un comportement naturel, non à surprendre la faune à quelques mètres.

Les alpages appartiennent souvent à des communes, à des groupements pastoraux ou à des propriétaires privés qui louent les terres à un éleveur. Un sentier balisé peut traverser ces parcelles grâce à une autorisation ou une servitude de passage. Cette situation exige de rester sur le tracé, de ne pas couper les clôtures et de ne pas installer une pause prolongée devant une cabane, un parc de tri ou une zone de traite.

Les déchets alimentaires modifient également l’équilibre du lieu. Une peau de fruit, un mouchoir, un emballage de barre céréalière ou un reste de pain attire les animaux et dégrade les abords des chemins. Gardez tous les déchets dans un sac fermé jusqu’à une poubelle adaptée en vallée.

Si vous croisez un berger occupé, un salut suffit. Demander poliment où passer peut éviter une erreur, notamment lorsqu’un déplacement de troupeau est en cours. En revanche, le berger peut être concentré sur ses chiens, ses bêtes ou une manœuvre : son absence de réponse immédiate ne doit pas être interprétée comme un refus de courtoisie.

Les itinéraires du Queyras montrent bien cette superposition entre villages, pâturages, sentiers et zones protégées. Pour préparer une sortie en tenant compte des accès et des parcours, consultez cette sélection de randonnées et villages du Queyras avant de choisir votre étape.

La question de la sécurité ne se réduit pas à la rencontre avec les animaux. Un alpage peut comporter une pente instable, un torrent à franchir, des clôtures, des brouillards rapides et une orientation plus difficile lorsque les traces de passage se multiplient. La carte, l’heure de demi-tour fixée avant le départ et l’équipement adapté restent les bases d’une sortie cohérente.

Les activités plus techniques, telles qu’une traversée glaciaire, une via ferrata cotée, un canyon encaissé ou une course d’arête, demandent un encadrement correspondant au niveau du groupe. Un guide de haute montagne, un accompagnateur en montagne ou un moniteur diplômé intervient dans son champ de compétence. Le respect du pastoralisme ne remplace ni l’apprentissage technique ni la préparation d’une course engagée.

La montagne n’est pas divisée entre espaces de loisirs et espaces de travail. Le même versant peut être un itinéraire de randonnée, une ressource fourragère, une zone de protection de la faune et un lieu de passage pour les habitants.

Adapter sa bonne conduite en alpage à pied, à vélo ou avec un chien

Les règles de base restent les mêmes pour tous les pratiquants, mais la vitesse et la distance d’approche changent la réaction du troupeau. À pied, le marcheur peut s’arrêter rapidement et lire le comportement des bêtes. À vélo, l’arrivée est plus rapide, plus silencieuse sur l’herbe et plus impressionnante pour les animaux comme pour les chiens de protection.

En VTT, ralentissez avant toute courbe sans visibilité et descendez du vélo dès que vous apercevez des bêtes près du sentier. La roue arrière qui glisse, le cliquetis de la transmission ou un freinage tardif peuvent disperser un lot de brebis. Un vélo porté ou poussé se présente comme un objet stable, beaucoup moins difficile à accepter qu’un pratiquant lancé dans la pente.

Marcher avec un chien demande une préparation renforcée

Un chien de compagnie doit rester attaché en laisse courte dans les secteurs pâturés. La laisse ne sert pas seulement à éviter une poursuite. Elle empêche aussi le chien de s’approcher d’un veau, de déranger des marmottes, de provoquer un patou ou de se placer lui-même dans une situation qu’il ne peut pas maîtriser.

En cas de rencontre tendue avec un chien de protection, ne prenez pas votre chien dans les bras et ne l’attachez pas à un arbre. Gardez-le près de vous, empêchez-le d’aboyer ou de tirer, et éloignez-vous lentement. Le porter peut vous déséquilibrer et faire monter la tension si le chien de protection cherche à atteindre l’animal tenu contre vous.

Certains parcs, communes ou alpages interdisent les chiens à certaines périodes ou sur des secteurs précis. Ces restrictions relèvent d’arrêtés locaux et peuvent évoluer d’une saison à l’autre. Consultez la mairie, le parc naturel concerné ou l’office de tourisme avant de partir, surtout si votre itinéraire traverse plusieurs communes.

Pour le trail, l’allure doit être réduite à l’approche d’un groupe d’animaux. Courir dans un alpage occupé donne au chien de protection un signal brusque et peut pousser les bovins à se déplacer. Marchez dès que vous voyez les bêtes, puis reprenez votre rythme seulement après avoir quitté largement la zone de pâturage.

La période de désalpe apporte parfois une circulation inhabituelle sur les routes et les chemins. Des troupeaux peuvent être conduits d’un versant à l’autre, accompagnés de véhicules, de chiens et de bergers. Attendez que le passage soit terminé, gardez une distance avec les bêtes et ne cherchez pas à traverser le mouvement pour gagner quelques minutes.

Les secteurs de haute altitude se libèrent souvent progressivement entre la mi-septembre et la mi-octobre. Cette période ne garantit pas l’absence de troupeau, car les dates dépendent des conditions locales. Elle demande aussi une préparation plus chaude, des journées plus courtes et une vigilance accrue sur les premières chutes de neige.

Un hébergement en vallée ou un refuge permet de répartir l’effort et d’éviter de chercher un bivouac tardif près des pâturages. Pour une itinérance dans les Hautes-Alpes, vérifiez les distances quotidiennes, les dénivelés et les possibilités de repli dans ce guide consacré aux massifs et itinéraires des Hautes-Alpes.

La bonne conduite repose sur une décision claire. À pied, à vélo ou avec un chien, ralentir avant le troupeau coûte quelques minutes ; devoir gérer une fuite d’animaux, une clôture ouverte ou une confrontation avec un patou peut compromettre toute la journée.

Que faire si un patou aboie et s’approche de très près ?

Arrêtez-vous, gardez les bâtons bas, parlez calmement et reculez lentement sans courir. Ne tentez pas de caresser le chien, ne criez pas et ne cherchez pas à traverser le troupeau tant qu’il maintient sa surveillance.

Peut-on traverser un troupeau de vaches lorsque le sentier le coupe ?

Oui si les animaux sont espacés et calmes, mais ne passez jamais entre une vache et son veau. Face à des vaches suitées, gardez une distance de 20 à 30 mètres et contournez largement, même si cela impose un détour.

Comment franchir une clôture électrique en alpage ?

Utilisez uniquement la poignée isolante, décrochez le crochet, passez sans toucher le fil, puis refermez immédiatement derrière vous. Ne manipulez jamais le fil métallique, le ressort ou les piquets avec les mains nues.

Mon chien doit-il être attaché dans les alpages ?

Oui, gardez-le en laisse courte dans les zones de pâturage. Des arrêtés locaux peuvent aussi interdire les chiens sur certains alpages, et la divagation est interdite dans les bois et forêts du 15 avril au 30 juin.

Puis-je bivouaquer près d’une cabane de berger ou d’un troupeau ?

Ne vous installez pas près d’une cabane, d’un parc de tri, d’un abreuvoir ou d’un troupeau. Le bivouac dépend du statut du terrain, des règles du parc éventuel et des arrêtés locaux ; vérifiez-les avant de partir.